La belle histoire du pain

Le pain a une incroyable histoire ! Il est né le jour où l’homme s’est rendu compte qu’avec de la pâte qui avait fermenté naturellement, on arrivait à faire lever des galettes et leur donner une saveur et une texture nouvelles.
Encore de nos jours, le pain reste un aliment simple et indispensable, tout comme l’air que nous respirons ou l’eau que nous buvons. Il est à la base de l’alimentation dans de nombreux pays ! Aujourd’hui, grâce au retour des valeurs traditionnelles et du plaisir de cuisiner, le bon pain « fait maison » devient un plaisir pour de nombreux consommateurs, qui s’amusent à décliner à l’infini les nombreuses recettes de pains toutes savoureuses, parfois surprenantes et si différentes d’un pays à l’autre.
Avec un large choix d’ingrédients dont les farines, élaborées dans le respect de l’environnement, l’envie de reproduire les gestes manuels du boulanger – en mettant « la main à la pâte » – les consommateurs redécouvrent une véritable passion : celle de faire son pain, à la main ou à la machine !

 

La préhistoire : au menu, cueillette et galettes…

Il y a environ 5000 ans; l’homme a inventé le pain. Avant de faire cette découverte, il utilisait des préparations de céréales, des bouillies ou des galettes, comme élément de base de sa nourriture quotidienne.
Au Néolithique, les cueilleurs récoltaient les céréales sauvages qui poussaient abondamment à cette époque. Ils les broyaient et obtenaient une farine grossière dont ils se servaient pour confectionner des galettes rudimentaires cuites à même le feu.
Le 5e millénaire est marqué par l’apparition des premières cultures de blés domestiqués en Europe centrale. Dans la région du Proche-Orient, ce fut dès le 8e millénaire que la chasse/cueillette nomade laissa place progressivement à une agriculture sédentaire. Grâce au climat particulièrement favorable, les agriculteurs ont pu cultiver de nombreuses variétés de graminées. Dans cette même région apparaissent les premiers fours de forme tronconique (7000 ans avant notre ère). Ces fours sont encore utilisés en Afghanistan où ils portent le nom de « tanur » ou « tafur ».

 

L’égypte Ancienne : les débuts d’une star : le pain !

Les historiens considèrent que ce sont les égyptiens qui ont inventé le pain au Vème millénaire avant notre ère.

La légende raconte qu’un boulanger égyptien très distrait (la distraction est parfois à l’origine des grandes trouvailles…) aurait oublié sa pâte de céréales dans un coin au lieu de la cuire… Elle aurait ainsi eu le temps de fermenter et de donner naissance au premier pain levé du monde.
Les Egyptiens disposaient des terres fertiles des berges du Nil où se sont développées très tôt les cultures de céréales, en abondance. On leur doit de nombreuses inventions, dont le tamis à farines.

 

Les Grecs Anciens : invention des premières chaînes de boulangers !

Les Grecs découvrirent à leur tour le pain, et leur ingéniosité leur permit d’améliorer rapidement la technique et de diversifier les produits. Ils conçoivent le moulin olynthien constitué de 2 meules carrées superposées et animées par des esclaves à l’aide d’un levier (vers 2.700 ans avant notre ère).
C’est aussi en Grèce Antique que naît le métier de boulanger. Les boulangers grecs confectionnent le pain et les premières pâtisseries. Ils pouvaient déjà proposer jusqu’à 72 variétés de pains au 2ème siècle avant JC. C’est dire l’importance du pain dans l’alimentation de cette civilisation majeure.

 

Les Romains : les enjeux du pain

C’est au contact de la civilisation grecque que les Romains ont découvert l’art de fabriquer le pain. Ils ont ramené chez eux des boulangers Hellènes réduits à l’état d’esclave, qui leur ont enseigné l’art de fabriquer du pain. Les Romains développent la culture du blé à tel point que vers le 1er siècle de notre ère, sa culture est présente dans tout l’empire romain !
Les Romains améliorent la technique des Grecs en affinant les méthodes du pétrissage de la pâte et poussent le raffinement jusqu’à confectionner des pains en forme de lyre, d’oiseaux, d’étoiles… Le pain était célébré comme un dieu.
Au 1er siècle après J.C, Pline l’Ancien, naturaliste romain, raconte que « les pains Gaulois et Ibériques, auxquels on incorpore de l’écume de bière (c’est-à-dire la levure remontée à la surface du liquide au cours de la fermentation de la bière), sont réputés pour leur légèreté ». Cela illustre bien qu’il y a eu sans doute, pendant de nombreuses années, un lien entre la production de pain avec celle de la bière.

 

Le 18 et le 19ème siècle : le progrès en marche

Siècles de progrès industriels et scientifiques, la période du 18e au 19e siècle fut propice à la modernisation de la fabrication du pain qui rentrera peu à peu dans l’ère industrielle.
Les moissons, qui constituaient un travail harassant pour la main d’œuvre, sont facilitées grâce aux machines qui remplacent les hommes et moissonnent plus rapidement. On assiste aussi à la mise en place des premiers moulins à vapeur.
Des progrès en production de levures, la mise au point de pétrins mécaniques, d’importants perfectionnements en matière de fours : l’âge industriel du pain était arrivé pour le meilleur et parfois pour le pire…

 

Première et Seconde Guerres Mondiales : le pain en guerre

Durant la 1ère Guerre Mondiale le pain fut un aliment de luxe car très rare. Il n’y avait plus de blé, les champs servant aux batailles. La mobilisation des boulangers sur le front posait problème, notamment pour trouver des personnes aptes physiquement au pétrissage manuel. Les femmes remplacèrent les hommes au travail. Mais elles surent s’équiper de matériels pour leur faciliter la tâche : les pétrins mécaniques se développèrent fortement pendant cette période !

L’Europe survécut aussi grâce à l’importation du blé américain. Les Etats-Unis refusèrent de livrer l’Allemagne et l’Autriche : les céréales étaient alors un moyen de pression politique et économique.

Les années 20 furent une période d’insouciance et de légèreté. Le pain était de nouveau accessible. C’est dans ce contexte que naît la baguette qui connut un immense succès. Elle est d’ailleurs devenue le symbole de la France à travers le monde.

Les années suivantes furent beaucoup moins gaies : la Seconde Guerre Mondiale éclate et apporte son lot de désolations et de pénuries. Le pain est rationné et de très mauvaise qualité : c’est un pain gris préparé avec un mélange de farine complète, de blé et de farines de fèves, maïs, orge, pommes de terre, riz…
Autant dire que ce pain n’avait pas la saveur des jours heureux !

 

Des années 50 à nos jours : du pain en série jusqu’au culte du pain…

Juste après la Seconde Guerre Mondiale, le pain blanc remporta un énorme succès. Le pain noir rappelant trop les années de guerre, on ne voulait plus en entendre parler !

Cependant, les années 50 furent des années de prospérité. La hausse du salaire moyen permit aux gens d’accéder à de nombreux produits alimentaires : fromage, viande, poisson… Le pain est délaissé et on observe une chute vertigineuse de la consommation du pain… On l’accusa de faire grossir, d’être la nourriture du « pauvre ». Même « la nouvelle cuisine » des années 80 ne supporte pas l’idée de servir du pain à table !

Aujourd’hui, le pain est de nouveau à la fête, mais pas n’importe quel pain ! Les consommateurs deviennent exigeants et veulent du pain authentique au goût savoureux et aux apports nutritionnels bénéfiques pour la forme et la santé (bio, à taux de sel réduit, sans gluten, etc…). De cette vague de bien-être naît le désir de faire son pain soi-même, en choisissant ses ingrédients, en testant de nouveaux mélanges et en se faisant plaisir en reproduisant les gestes du boulanger et en fabriquant un bon pain chaud et croustillant.

La mondialisation, les mouvements migratoires des populations, les échanges internationaux, l’ouverture des frontières contribuent aux échanges culturels. Les pains du monde accompagnent les voyages, ce qui a largement contribué à élargir notre horizon gustatif.


Laisser un commentaire